La plage s’est vidée, lentement, de tous ces estivants, si bruyants,retrouvant, à nouveau, un calme étonnant, comme si toute vie l’avait quittée. Le Vent, à nouveau, s’est réveillé, murmurant, à l’oreille, son chant mystérieux et troublant.
Elle marche, perdue dans ses pensées, observant le paysage, d’un regard étonné. Son regard semble chercher un endroit, comme pour se reposer. Nul dans la journée ne la voit. Elle recherche juste un endroit. posant ses pieds légers, d’une démarche aérienne. Le sable crisse sous ses pieds, laissant l’empreinte de ses pas, sur le sable mouillé, que le Vent, malicieux, s’amuse, aussitôt, à effacer...
Elle dépose son sac, sur le sol, d’un léger mouvement du torsen,puis se redresse, observant ces vagues, qui viennent, à sa rencontre, avec empressement. Il y a, si longtemps, qu’elle n’était revenue, à cet endroit; ses yeux recherchent ces genêts, comme autant de petits soleils d’or, multipliés, par endroits.
Ce monde que nul ne sait plus regarder, admirer, observer. Ce monde merveilleux que l’on a, pourtant, tous, à notre portée. Entendez-vous le chant du Vent, qui murmure, doucement ? Entendez-vous la douce mélopée des vagues, aux reflets bleutés, venues, à vos pieds, s’échouer.
Elle sort, de son sac, un walkman puis le fixe, solidement, posant les écouteurs, à ses oreilles, comme pour empêcher le Vent de la séduire, plus longtemps. Ses bras sont dénudés; seul, un léger maillot est resté, dessinant son corps, tendrement. Elle enclenche le bouton, doucement, laissant la musique, soudain, l’envahir, l’envelopper.
Elle s’élance, petit ange, bondissant, sur le sable, au grès de la musique, tout en tourbillonnant. Le Vent, un peu interdit, l’observa. Un peu de Vie, par ici ? se dit-il, en souriant. Elle danse, les yeux fermés, élevant ses mains vers le ciel, comme en le suppliant, puis ses mains reviennent, lentement, s’emprisonnant de ses bras, tout son corps semble voler, dans l’air, légèrement, puis, doucement, semble s’arrêter, comme suspendu dans le Temps. Elle danse, petit ange, léger, bondissant, allègrement, au dessus des vagues, venues, l’effleurer, d’un doux baiser mouillé.
Le soleil l’observait, retardant le moment d’aller se coucher, malgré lui. Ainsi, un ange vit ici ? Il en demeura, tout interdit. Joyeux, il darda sur Elle, ses plus doux rayons, auréolant son visage de soleil, caressant son corps de ses rayons de lumière.
Elle brille, alors de mille feux, mouvante et légère, lançant ses pas légers, d’un mouvement charmant puis s’enfuit, en bondissant, dans un au revoir, doucement. Le Vent, repartit, à son tour, se coucher, tristement, rêvant d'un ange, l'ayant troublé, mystérieusement...
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