INTERROGATION

par Erotica51



Le vent qui passe ébouriffe ma chevelure, cachant, soudain, mon visage, au Temps, qui me regarde. Etrange est mon coeur en ce moment. Je suis ici et si loin en cet instant. Laissant mes larmes, s’écouler doucement, vers Toi, qui est partie et m’attend. Je ne sais où...

Où vont les âmes de nos enfants? Je m’interroge. Inlassablement, cherchant en vain la réponse et pourtant au fond de moi, brille une lueur d’espoir, qui me souffle que tu m’attends.

Comme me semble long, ce voyage, par moment, vide par instant, comme une montagne immense. J’ai souvent faibli, en pleurant. J’ai passé tant de nuits, en silence, sans rien dire, terriblement seule, face à ton absence, à ce silence, pleurant, silencieusement.

Qu’est ce qu’une Vie? Le savons nous aujourd’hui ? Connaissons nous notre chance, vraiment? C’est si beau un enfant. Comme l’émerveillement de ton premier sourire, la douceur de tes petites mains, crispées sur mon doigt, ta voix qui s’entraîne à babiller. La douce émotion de te donner le sein, que tu comprimes, vorace, de tes deux mains. Tu as si faim, tu bois vite, tu t’énerves. Oh! mon enfant, comme je t’aime, en ce si doux moment...

Tu procures dans mon regard tant de douceur, en cet instant. Tu me regardes, de ce regard étonné qu’ont les enfants. Fragilité, douceur, interrogation, en un regard, toutes tes émotions y passent.

Ai-je vu passer les années près de Toi? Non, pas vraiment. Sur Toi , le Temps a paru glisser, silencieusement, me laissant étonnée. Dix sept années.Juste dix sept ans.

Elles t’ont, à peine, caressée, juste frôlée, quittant le monde de l’enfance pour devenir une jeune adolescente puis cette jeune fille fragile et émouvante. Mais tu ne connaîtras jamais la douceur mystérieuse, à ton tour, de donner la Vie à un enfant, de le serrer contre toi tendrement. Tu ne connaîtras pas l’Amour, sa douceur et ses tourments.

Un mince soupir m’a échappé, comme le souffle de ta vie qui semble s’échapper de toi, en cet instant.Cette vie qui s’enfuit, de toi, mon enfant, tes yeux qui se referment définitivement. La Mort qui t’arrache à moi, brutalement et que j’apprendrais, par un homme assermenté, maladroit, qui me laissera pleurer, silencieusement.

Mon coeur de mère s’est brisé, en découvrant ta présence, allongée, immobile, à jamais. Tu es silencieuse, maintenant, toi qui t’éveillait en chantonnant. Tu es si pâle, mes mains se sont posées, sur les tiennes comme pour t’insuffler un peu de ma chaleur, dans un impossible espoir

J’ai failli ne jamais me relever de cette souffrance, de ton départ, de cette absence. Pour Toi, en ta mémoire, à force de volonté, peu à peu, je me suis relevée et j’avance, inquiète, sans savoir où mes pas vont me mener, en souhaitant, tellement, un jour, te retrouver. Ma vie actuelle a-t-elle un sens? Depuis ton absence, je me le demande. Mais une question m’obsède: Où vont les âmes innocentes de nos enfants?



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