Un nouveau jour qui s’élève; d’autres pensées fugitives qui s’enfuient, lentement, me poursuivent, inlassablement. Le monde est tranquille, encore endormi, mon regard se porte, la bas, vers cet horizon, où tu m’attends, où tu demeures, à jamais, sans pouvoir revenir.
Existe-t-il ce monde de douceur, ce monde où personne n’irait se déchirer…où chacun irait vers l’autre, sans rien attendre, en retour, je ne le sais pas...Tu me manques, tellement et chaque nuit, mes questions reviennent, de plus en plus puissantes, alors que tu es absente.
Comment est-il ce monde où tu es ? Est-il fait d’ombres ou de lumière? D’amour où de haine? Tant de tes paroles me reviennent. Comment oublier la gravité de ton regard malgré ta jeunesse, avant que tu ne disparaisses.
Il a fallu apprendre à accepter le silence et le vide de ta chambre.Tu ne chanteras plus, mon ange, en t’éveillant. Tu n’éclateras plus de rire devant moi. Tu ne viendras plus te blottir dans mes bras. Le monde continuera d’avancer, sans ton regard inquiet, posé sur moi. Et pourtant, je ne peux oublier. Ta pensée ne me quitte pas. Je reste, immobile, devant la fenêtre, le regard voilé dans un océan de peine…Tu demeures, si présente, au fond de moi….immuable, dans mes pensées..
Si peu d’années et tu étais déjà, si sage, comprenant ce que tant de gens ne comprendront jamais. Ton regard paraissait, ce jour la, comme détaché, empli de gravité. Tu me fixais comme si tu savais que dans quelques heures, tu partirais de ce monde, tu t’en irais; que tu me quitterais à jamais.
Seul mon coeur me disait que le Destin était en marche. Je ne voulais pas te laisser t’en allait et tu me souriais. Je retardais l’échéance, cherchant à te garder près de moi. Depuis un mois, je sentais que quelque chose allait arriver. Etrange pressentiment qui me laissait oppressée, incapable de comprendre cette angoisse qui m’entourait.
Existe-t-il ce monde, où je voudrais te retrouver? Je me le suis demandée tant de fois, sans trouver la réponse. Ce monde où tu m’attends, où je pourrais te redonner la douceur de mes bras, Toi qui ne cesse de me manquer, ne pouvant chasser le silence oppressant de mes nuits et le manque que ton absence a laissé.
Existe-t-il ce monde, où ceux que nous aimons s’en vont, sur une larme ou un soupir, dans un ultime geste d’adieu, comme s’ils savaient, déjà, que rien n’est plus important, ici bas?
Existe-t-il ce monde, alors que je voudrais tellement te serrer, à nouveau, dans mes bras, Toi qui est partie, la bàs, vers ce monde inconnu, dont on ne revient pas...
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