Ainsi, ce serait mon prénom, toute ma vie durant. Avons-nous le droit de nous rebeller pour un prénom, que l'on nous donne dès la naissance ? Non, pas vraiment et pourtant ce prénom va nous poursuivre, si longtemps…
Goutte d'eau de la Mer : j'ai souri, en le découvrant, il y a quelques années à peine… J'étais alors plongée dans un océan de tristesse.
Je découvrais mes premières photos, d'enfant. Malgré mes yeux couleur d'océan, je découvrais, dans mon regard d'enfant, une gravité extrême. Pourquoi manquait-il ce sourire, qu'ont souvent les enfants, que l'on aime ?
Certains ont connu la douceur d'avoir une mère, d'être bercé, dans des bras doux de tendresse, de sentir les baisers sur sa joue, dans une douce caresse, en s'endormant.
Je n'étais qu'une goutte de tristesse, qu'on avait abandonnée, comme un fardeau trop lourd, déjà, à porter. Ma naissance serait un secret immonde, à cacher, aux yeux des mal pensants.
Alors, pour oublier d'où je venais, comme attirée par la Mer, je restais des heures, à la contempler, à lui parler, lui confiant mes chagrins d'enfant. Puis, pensive, je me mettais à l'écouter, me murmurant ses propres secrets, pour adoucir ma peine et je me voyais plonger dans l'océan, puis disparaître, lentement, en coulant, me demandant comment était le coeur de la Mer.
Je ne serai, qu'une goutte d'eau, dans l'océan, moi qui avait la tête pleine de rêves; mais la Mer m'a juste, un peu serrée, contre elle, en me repoussant, rejetant mon corps trempé d'enfant, sur le sable, doucement. Avais-je rêvé ? Il m'a semblé que la mer avait murmuré, à mon oreille : attend! Pour toi, il n'est pas encore temps ! Je suis restée longtemps allongée, regardant les nuages, pensivement...
Souvent, je suis revenue contempler la Mer, debout, sur le sable humide. Aucun adulte ne m'avait jamais dit " je t'aime " étant enfant...
La Mer m'a prise, contre elle, mes larmes s'écoulant, dans l'océan, laissant, enfin, mon cœur se déverser, en elle, longuement. Et, de Goutte d'eau de la Mer, je suis devenue Sirène, jusqu'à ce qu'un jour, j'entende mon premier " Je t'aime " en pleurant, doucement, d'émotion.
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