Avec ma cousine, nous avions décidé d'aller passer un week-end en Normandie. Nous étions jeunes, un peu imprudentes, il est vrai.
Il fallut se décider pour savoir laquelle monterait à coté du chauffeur. Gaëlle était moins téméraire, ce fut donc moi qui serais à coté du conducteur.
Vêtues de jeans, et d'un petit débardeur, cheveux au vent, nous offrions cette image d'une jeunesse un peu folle et inconsciente.
Je décidais de lever le pouce, épuisée d'avance à l'idée de marcher encore sous cette chaleur de plomb. Une grosse Mercédes noire rutilante s'arrêta devant nous, rapidement. Je poussais un soupir de soulagement.
L'homme, d'un age plus que respectable, sortit, nous demandant notre direction puis nous tint galamment la porte, pour nous laisser monter. Il aurait pu être mon grand père. Nous venions d'avoir 18 ans.
Le long de la route, je décidais de poser mille questions, par prudence, à notre chauffeur, l'empêchant, me disais-je, d'avoir des pensées libidineuses.
Très vite, nous dépassâmes la région parisienne. Le soleil tapait toujours autant. Une plus tard, nous n'étions plus qu'à une centaine de kilomètres de la mer. Le Tréport attirait en cette saison une foule de gens. Nous avions gardé nos sacs à nos pieds, prudemment.
Un moment donné, l'homme freina en bordure d'un bois, en pleine campagne. Nous nous regardâmes, dans la glace, brusquement inquiètes. L'homme dut sentir notre appréhension et nous rassura, parlant d'un besoin naturel à satisfaire, rapidement.
Il sortit, allant plus loin, nous tournant le dos. Nous papotions joyeuses, dans la voiture, en l'attendant. Soudain Gaëlle releva la tête et regarda dehors, bouche bée de stupéfaction.
Notre charmant grand-père, revenait vers nous en se tripotant l'asticot ! Outrées, nous sortîmes à toute vitesse de sa voiture, ramassant des graviers que nous lui jetâmes en l'insultant copieusement de tous les noms d'oiseaux :
- Vieux pervers! espèce d'obsédé! gros cochon !
Cela eut le don de l'exciter. Nous filâmes, détalant comme des lapines effrayées, sans demander notre reste, notant toutefois son numéro d'immatriculation, par précaution.
Notre soif d'aventure venait de prendre fin rapidement. Un cultivateur nous prit en charge, nous écoutant, sidéré. Ses conseils nous servirent bien, plus tard, nous rendant bien plus prudentes. Cette année 2OO5 aura été malheureusement le théâtre de trop nombreuses disparitions, de familles vivant à jamais dans l'angoisse, d'enfants que personne ne retrouvera.
Voici donc quelques conseils utiles si vous désirez faire du stop :
- Vous munir d'un calepin et stylo rapidement accessibles et notez le numéro d'immatriculation, le type de véhicule (citroen, peugeot, mercedes, autres...)
- Avoir un appareil photo numérique de préférence
- Avant de monter dans un véhicule, tel à vos proches en indiquant le numéro de la plaque d'immatriculation de celui qui vous emmènera.
- Si vous êtes une fille, éviter de partir seule. Faites vous accompagner d'une amie. Et évitez les tenues aguichantes.
- Faites parler votre chauffeur, cela lui évitera d'avoir des pensées "salaces"
- Ne montrez pas que vous avez peur mais regardez le droit dans les yeux si celui cherche à vous intimider.
-notez sur votre portable le numéro de la police et enregistrez le. En cas de danger, appelez les ! Ils vous localiseront très vite en cas de danger.
- Ramassez tout ce qui peut vous aider à vous défendre...un bâton, une pierre, de quoi montrer que vous êtes capable de faire front en cas d'agression
- Ne montez jamais avec des garçons s'ils sont à plusieurs ! même s'ils ont l'air sympathiques ! L’alcool peut parfois vous entraîner dans une situation dramatique !
- Rappelez vous que la meilleure façon d'avoir la vie sauve est de taper entre leurs jambes de votre agresseur ! C'est le seul endroit "fragile' qui fera lâcher prise à un malade!
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